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Le monde de William Kentridge
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Dessin pour "II Sole 24 Ore [World Walking] [Le Soleil 24 heures (Le Monde en marche)]" 2007 William Kentridge
© 2010 William Kentridge photo : courtesy Marian Goodman Gallery, New York / Paris
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Le monde de William Kentridge
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Le Jeu de Paume propose une immersion dans le monde imaginaire de l'artiste sud-africain William Kentridge, qui use de la puissance poétique pour évoquer la dimension tragique de l'histoire contemporaine. Ses oeuvres sont limpides et mystérieuses, comme surgies d'un inconscient collectif nourri d'opéra, de théâtre, et de cinéma.
En France, où il est représenté par la galerie Marian Goodman, le nom de William Kentridge est encore peu connu, malgré sa notoriété internationale. Voici une occasion rêvée pour le découvrir : dessins au fusain, films d'animation, collages, gravures, sculptures, décors de scène… le Jeu de Paume rassemble une quarantaine d'oeuvres qui disent l'extraordinaire aisance, et la liberté de William Kentridge. Celui-ci élabore son travail d'écriture en usant tantôt du langage des arts plastiques, tantôt de celui du cinéma ou des arts de la scène. La musique joue également un rôle très important dans ses installations, de Mozart aux compositions de Philip Miller, en passant par Chostakovitch. Elle accompagne le visiteur d'une pièce à l'autre, dans une obscurité plus ou moins opaque qui accentue le côté "lanterne magique" du parcours.
« Je pratique un art politique, c'est-à-dire ambigu, contradictoire, inachevé, orienté vers des fins précises : un art d'un optimisme mesuré, qui refuse le nihilisme. » Vivant à Johannesburg, William Kentridge a ainsi beaucoup évoqué l'apartheid. Dans l'auditorium, on peut visionner une série de films réalisés entre 1989 et 2000 dans lesquels il met en scène le capitaliste Soho Eckstein, face sombre de l’Afrique du Sud de l’époque, et son double attachant, Felix Teitlebaum, les deux apparaissant sous les traits de Kentridge. Dans ses oeuvres plus récentes, et moins tragiques, l'artiste se montre à visage découvert, non sans une certaine dérision, comme dans son hommage à Méliès, qui le montre, au coeur de son atelier, entre processus créatif et grosse consommation de café.
Se souvenir et oublier, c'est - entre autres, car toute tentative de définition est forcément réductrice pour un artiste aussi multiple - ce dont parle l'oeuvre de William Kentridge - qui conçoit ses "dessins pour projection" en usant de la gomme autant que du crayon. "I am not me, the horse is not mine" (2008), une installation composée de huit fragments de films, embarque, elle, le spectateur dans une longue digression onirique sur l'art. Selon Kentridge, celle-ci « prend pour base la nouvelle de Gogol, ses antécédents littéraires et sa destinée possible pour s’interroger sur l’inventivité formelle des différents courants du modernisme russe et sur la fin calamiteuse de l’avant-garde russe ». Chevauchée fantastique, et mélancolique.
A-C.S.
William Kentridge, cinq thèmes
Jusqu'au 5 septembre 2010 au Jeu de Paume
1, Place de la Concorde, 75008.
Et aussi : William Kentridge au Louvre
Du 1er juillet au 30 août 2010
Aile Denon, 1er étage Salle 33 Aile Sully, 1er étage Salle 26
En parallèle à l’exposition du Jeu de Paume, les dessins de William Kentridge sont présentés dans la salle d’actualité des Arts graphiques, en contrepoint d’une sélection de dessins de la collection du Louvre. Une vidéo, conçue spécialement pour le musée à partir des dessins exposés dans la salle d’actualité du département des Arts graphiques, est projetée dans la salle 26 du département des Antiquités égyptiennes.