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Rendez-vous au bac à compost
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jardin potager
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Rendez-vous au bac à compost
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«On composte toujours mieux ensemble que seul » : c'est Jean-Jacques Fasquel qui le dit. Ce pionnier du compostage collectif à Paris a lancé, il y a deux ans, l’initiative dans son immeuble de la rue de Reuilly (75012). Parmi les quelque 550 foyers de cette vaste résidence, une soixante de familles participent à l’aventure écologique.
Elles disposent de quatre bacs à compostage dans lesquels sont déposés les déchets organiques : épluchures, coquilles d’œuf, marc de café, papier…. pas de viande ni de poisson car cela pourrait attirer les animaux et dégager de mauvaises odeurs. « Pour faire un bon compost, il faut aussi de la matière sèche, des feuilles d’arbres ou des brindilles : on se les procure souvent auprès des employés de la Ville de Paris qui taillent les arbres » précise Jean-Jacques Fasquel. Il faut ensuite attendre un minimum de huit mois que le compost se transforme en terreau.
Celui-ci servait, les premiers temps, aux jardinières des balcons et terrasses. Mais depuis quelques mois, les composteurs de la rue de Reuilly ont également un jardin au pied de la résidence, avec une partie commune et des petits lopins pour chaque famille.
Malgré une pluie battante nous y avons croisé une mordue : «Je viens tous les jours pour voir mes plantes et mes légumes. C'est une grande première pour moi, je ne connais rien au jardinage. Du coup j’ai essayé un peu de tout : salade, kiwi, tomates, haricots verts, fraises, rhubarbe. Je verrai bien ce qui prend ». « C’est ça le jardinage, renchérit Jean-Jacques Fasquel, de l’expérimentation ! ».
Avant, on se retrouvait autour du lavoir...
Aujourd'hui, on papote entre voisins autour des bacs à compost ou dans le jardin. « Le compostage ça crée du lien social ; on vit quelque chose ensemble », explique Jean-Jacques Fasquel. Les habitants de la résidence Reuilly se réunissent plusieurs dimanches par an pour broyer leurs déchets, brasser, aérer, tamiser et étendre leur compost sur le sol. Converti aux vertus écolos et sociales du compostage urbain, Jean-Jacques Fasquel en a fait depuis peu son métier en devenant « maître-composteur ». Il a même lancé son blog, CompoSt’ory !
Il fera sans doute partie des consultants embauchés par la ville de Paris. Cette dernière souhaite en effet étendre l’expérience à plusieurs immeubles de la capitale et vient de lancer un appel à candidature. La municipalité s’engage à fournir un bac à compost, des « bio seaux » pour stocker les déchets ainsi qu'un suivi par un maître composteur à tout groupe de volontaires de dix à vingt personnes. À la condition qu’elles disposent d’au moins quelques mètres carrés d’espace vert où utiliser le terreau. L’objectif de la ville de Paris : 25 immeubles en 2010 ; une centaine dans quatre ans. « Environ 20% du contenu de nos poubelles peuvent être revalorisés par le compostage, explique François Dagnaud, adjoint au maire de Paris en charge du traitement des déchets. Cela représente 70kg d’ordures par an, par habitant ». Rappelons qu’un parisien produit en moyenne 340 kg de déchets chaque année.
Hérade Feist