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"Green Zone". L'Amérique en Irak, regard critique…
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Matt Damon est l'adjudant-chef Roy Miller
© StudioCanal
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"Green Zone". L'Amérique en Irak, regard critique…
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Alors que Luc Besson et son « Adèle Blanc sec » envahissent les écrans parisiens à grand renfort promotionnel, un autre film, américain celui-là, confirme qu’un certain cinéma U.S, très loin des règles basiques de l’entertainment, n’en finit pas d’observer son histoire avec un regard critique.
Depuis une dizaine d’années, la guerre en Irak donne matière à fiction pour les metteurs en scène les plus passionnants : Brian De Palma (« Redacted »), Sam Mendès (« Jarhead »), Paul Haggis (« Dans la vallée d’Elah »), Kathryn Bigelow (« Démineurs »)... Cette semaine, un nouveau film percutant déboule dans les salles : « Green Zone ». Il confirme l’inspiration de son auteur, l’Anglais Paul Greengrass, installé depuis plusieurs années aux Etats-Unis. Le cinéaste a redonné du tonus au film d’action (la saga Jason Bourne), mais n’a jamais sacrifié sur l’autel du box-office des ambitions politiques auxquelles il reste fidèle depuis ses débuts (« Bloody Sunday », sur le « conflit » en Irlande du Nord).
2003, Bagdad. Roy Miller (Matt Damon, impeccable), un sous-officier de l’armée U.S, obéit aux ordres de sa hiérarchie. Objectif: dénicher les armes de destruction massive censées légitimer l’intervention américaine. Progressivement, Miller s’aperçoit qu’il cherche des armes qui n’existent pas. Il s’agite. Fait part de sa perplexité à sa hiérarchie. Se retrouve intimidé par les uns et manipulé par les autres. En toile de fond, les magouilles des services secrets et un pays qui s’enfonce dans le chaos.
Mené à un rythme trépidant, « Green Zone » évolue dans un genre, le thriller en temps de guerre, propice à toutes les surenchères rayon hémoglobine et suspens viril. Par chance, l’efficacité du film ne sert pas de paravent à la vacuité du script. Comment se construit un mensonge d’Etat ? Comment verrouille-t-on l’information ? Fidèle au geste « dénonciateur » de ses glorieux aînés des années 70 (Lumet, Pakula…), Greengrass signe une fiction dont les soubresauts spectaculaires ne prohibent pas la réflexion.
Son style frénétique irritera peut-être les puristes, convaincus que la pédagogie n’est pas soluble dans le film de genre. Mais « Green Zone » confirme l’importance d’un cinéaste qui, grâce à ses succès récents, peut aujourd’hui se permettre de tourner des films polémiques au cœur du système de production U.S. Impressionnant.
Thomas Murat
« Green Zone », de Paul Greengrass.
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Green Zone Trailer