www.pariscitymag.com
Select City Guide
Aujourd’hui, à Paris, c’est journée arc-en-ciel
-
Peter Coffin, Untitled Rainbow Courtesy : Galerie Emmanuel Perrotin Miami Paris
© 2007 Peter Coffin
-
Aujourd’hui , à Paris, c’est journée arc-en-ciel
Journée arc-en-ciel ? Non, ce n’est pas la tonalité du bulletin de circulation en Ile de France, pas non plus le jour où le Marais pavoise fenêtres et balcons à l’approche de la Gay Pride . C’est juste une date cruciale dans la vie des parents parisiens d’enfants de 4 à 16 ans, dépourvus de maison d’été familiale à Carnac (et de tout ce qui va avec : grands parents accueillants, ribambelle de cousins…). Leur plan B ?
Rituellement, un matin de la mi-mars, la Mairie de Paris dévoile sur son site (*) le programme des « colos » - dites « séjours Arc-en-Ciel », en jargon municipal – ouvrant le bal des pré-inscriptions (beaucoup de demandes, seulement 7000 élus) . Il y a quelques années , c’était l’empoignade . Mères de familles massées dès l’aube devant leur mairie d’arrondissement, prêtes à piétiner leurs voisines pour inscrire leur rejeton, et se garantir ainsi douze précieux jours sans mômes en juillet ou en août , à des tarifs imbattables . Le tout dans une ambiance digne du jour de l’arrivée des nuisettes Rykiel dans un flagship H&M. Aujourd’hui, Dieu merci, le formulaire en ligne a civilisé la procédure. Reste à feuilleter le catalogue , à goûter la poésie des intitulés , « Voyage avec le vent » , « Balade au pays des ours » (itinérant , hébergement sous tente : Mathieu mettra le même T shirt pendant 12 jours, mais il fera la vaisselle), à dénicher le séjour sur mesure. Pour l’hyperactif, « Cocktail de l’extrême » , avec canyoning, initiation au flag et à l’ultimate( ??) , séances d’accrobranche et randos huskies devraient faire l’affaire. Reste à négocier avec l’ado , que seules les activités « sea watching » (sic) et « sortie en discothèque » ont l’air de tenter, cette année , dans la mythique colonie de plongée du Sud de la Corse , ultra convoitée… Prévoir aussi quelques prises de bec parentales . Poule ou pas, la mère parisienne freine généralement des quatre fers sur le séjour « Premier envol » destiné aux 8-11 ans, avec initiation au pilotage dans des coucous d’aérodromes. Mais à part ça, zéro bug. De l’avis des habitués, l’organisation des colos de la Mairie de Paris est impressionnante d’efficacité . Un beau matin de juillet ou d’août, on se débarrasse de ses mômes en gare d’Austerlitz , ou même à Orly. L’assemblée est très gaie, elle a l’air sponsorisée par Quechua . A l’appel , chaque directeur de centre égrène curieusement plus de Clemence, Lila , Suzanne, Ferdinand, Malo, que de Dave, de Kevin ou d’Aïcha. On est entre soi, petits parigots intramuros (au delà du périph’, pas droit à l’arc en ciel ) , aux parents initiés.. Même si le tarif journalier, calculé en fonction du quotient familial, débute à 2, 05 €, pour ce qui est de la mixité sociale, on repassera. Beaucoup de gamins disposant pourtant d’une adresse parisienne (l’hôtel meublé en face de l’école ? ) ont plus de chances de passer un énième été à taper dans un ballon au centre de loisirs que de découvrir le Morbihan vu du ciel « comme copilote, navigateur ou radio » , faute d’info et de connexion Internet à paris.fr. On pourrait dire que la fracture numérique ne prend pas de vacances. Mais ce serait un autre sujet.
Marie Tullet
Séjours arc en ciel.
Du 17 mars au 30 mars 2010, consultation du catalogue et demande de rendez-vous en ligne, pour les inscriptions qui auront lieu en mai.