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Bons baisers de Venise
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Punta della Dogona vue du rez-de-chaussée :Felix Gonzalez-Torres ; Rachel Whiteread ; Maurizio Cattelan; Luc Tuymans; Richard Prince
© Palazzo Grassi SpA.
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Charles Ray, Boy with Frog, 2009 (devant la Punta della Dogana)
© 2009 pariscitymag
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bar du Palazzina Grassi
© 2009 pariscitymag
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Bons baisers de Venise
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Cap sur la Sérénissime à la faveur d'une promo Air France. La saison idéale : l'air est doux et les touristes pas encore trop nombreux. En ligne de mire, Mapping the Studio, exposition inaugurale, sous la présidence de François Pinault, de la Punta della Dogana, réaménagée par l'architecte Tadao Ando. Les trois cent oeuvres rassemblées investissent également l'espace du Palazzo Grassi. Un crochet s'impose par le bar de l'hôtel voisin, le palazzina Grassi, petit dernier de Philippe Starck…
Quelques jours après le Carnaval, des confettis épars jonchent encore le pavé. Leur présence souligne l'atmosphère lendemain de fête de Venise. Loin de toute pollution sonore et visuelle - pas de voiture, aucune publicité… - , on baigne ici dans une bulle, fragile, par définition. La beauté de l'île, son affleurement irréel sur les eaux, tout cela enchante et serre le coeur.
Il n'y a pas place pour ce genre d'attendrissement lorsqu'on pénètre dans la Punta della Dogana, remarquablement restaurée par Tadao Ando. Murs de briques et poutres en bois originels s'harmonisent avec les parois de béton gris - le marbre contemporain, selon l'architecte japonais - pour livrer un espace muséal stupéfiant. La présence de Venise reste cependant suggérée en permanence par la vue qu'offrent les larges ouvertures, entièrement repensées en verre et acier.
Trois cent oeuvres - réparties entre la Punta della Dogana et le palazzo Grassi - c'est beaucoup. La plupart d'entre elles sont à l'échelle des lieux, et de l'entreprise : monumentale. Quant aux artistes, ils sont, littéralement, presque tous là : de Adel Abdessemed à Rachel Whiteread en passant par Daniel Buren, Maurizio Cattelan, Jack et Dinos Chapman, Lucio Fontana, Jeff Koons, Takashi Murakami, Martial Raysse, Cindy Sherman, Cy Twombly, Piotr Uklanski… Est-ce encore une collection, ou presque, un inventaire de l'art d'après 1960 ? Difficile d'échapper à un léger vertige devant cette démonstration de force. Au rez-de-chaussée de la Punta della Dogana, plongée dans une semi obscurité, l'installation poétique de Mike Kelley offre un instant de répit, presque, de recueillement.
Pas de séjour à Venise sans cocktail au champagne ! Ce n'est pas la saison des Bellini, plutôt des Mimosa, mélange de vin pétillant et de jus d'orange, ou des Rossini, concoctés à partir de Prosecco et de jus de fraises. Nous sirotons le nôtre au bar du palazzina Grassi, un tout nouveau "boutik-hôtel" signé Philippe Starck. Mélange de genres impensable, le lieu est une accumulation assez gaie de lustres Murano et de lampes industrielles, d'abats-jours plissés et de colonnes doriques, de canapés en peau de vachette et de chaises hautes en métal, d'acajou et de miroirs vénitiens. C'est totalement too much, mais plutôt chaleureux, d'autant que l'éclairage est idéalement tamisé.
A-C.S.
Palazzo Grassi
Campo san Samuele 3231
Tous les jours sauf mardi
Punta della Dogana
Dorsoduro 2
Palazzina Grassi
San Marco 3247